Sous les pavés, le Gitan

Éditorial

Par Jean-Claude Lefort
Député honoraire

Je sais particulièrement gré à Mustapha Boutadjine, moi le fils de Manouche, d’avoir créé cette série de tableaux, qui me donnent la chair de poule, intitulée Sous les pavés, le Gitan. Ils sont Gitans, Manouches, Roms, Sintis, Tziganes, Yéniches, Romanichels. Mais derrière ces noms, se trouve un même peuple – un peuple qui a pris naissance aux Indes et qui, très vite, a été l’objet de persécutions, d’expulsions, de massacres.
Ils sont différents comme sont différents tous les peuples. Ils sont partie de l’Humanité qui n’est riche que de sa diversité. Et pourtant que n’ont-ils enduré et endurent encore.
Ils furent parmi les premiers à connaître les camps d’extermination nazis car « racialement inférieurs » pour Hitler. Et qui connaît leur génocide ? Sous d’autres formes, certes, elle continue, la chasse au Gitan.

Un ministre de France, devenu premier d’entre les ministres, a même osé affirmer qu’ils n’avaient pas « vocation » à vivre sur notre terre. Dans l’Est de l’Union européenne, ils sont stigmatisés et ségrégués lourdement. Un pur racisme qui continue.
C’est dans les gènes de Mustapha Boutadjine – dans ses origines, son parcours et son engagement – qu’il faut trouver l’idée qu’il a eue de mettre en exergue ces « Gitans » dans ses tableaux magnifiques où se côtoient des célébrités – Django, Manitas, Matéo, Chico, Bouglione – et des inconnus.
Pour Mustapha, c’est naturel que de donner à les faire connaître à « toi qui ne les connais pas ». Pour lui un homme vaut un homme. Il est « gitan » comme il est « noir » ou bien encore « palestinien ». C’est un humaniste engagé, tout simplement. Et il secoue les idées nauséabondes. Mieux : il veut les casser ces idées. C’est un homme d’honneur.
Merci Mustapha, toi le « gadjo ». Et « latcho drom mur pral » : bonne route mon frère…