MARTIN LUTHER KING

Black is toujours beautiful

Martin Luther King
Par Mustapha Boutadjine
Paris 2000 – Graphisme-collage, 120 x 90 cm

Le rêve

Par Mgr Jacques Gaillot
Évêque de Partenia

Passionné de justice et de paix, Martin Luther est vite devenu un héros national.
En 1983, suprême honneur, un jour férié lui est consacré aux États-Unis : le « Martin Luther King Day ». Seul, jusqu’ici, George Washington, premier président du pays, avait eu cet honneur. Né en 1929, Martin Luther est très vite confronté à l’inégalité raciale et il fait le rêve de voir s’instaurer un jour l’égalité entre les êtres humains.
Le 28 août 1963, à Washington, devant 250 000 « pèlerins de la liberté », il s’écrie : « Je rêve qu’un jour les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires puissent s’asseoir à la même table, la table de la fraternité. »
Sur la célèbre place de Washington, a-t-il imaginé un instant qu’un Noir pourrait gravir les marches de la Maison-Blanche et devenir le premier président noir des États-Unis ?
En 1950 – il a vingt-et-un ans – le jeune pasteur découvre les œuvres de Gandhi, avec cette parole lumineuse :
« L’avenir est à ceux qui pratiquent la vérité et l’amour. »
« Ce principe, dit-il, devint l’étoile directrice de notre mouvement. Le Christ donnait l’esprit, Gandhi fournissait la méthode. »
Dès lors, il va utiliser cette stratégie qu’il inaugure à Montgomery, sa propre ville. Dans un autobus, une Noire, Rosa Parks, refuse de céder sa place à un Blanc comme l’exige la loi. Elle est arrêtée.
Le pasteur invite son peuple à boycotter les autobus. La grève dure 382 jours. La compagnie de transports frôle la faillite. Finalement, la Cour suprême des États-Unis déclare non constitutionnelle la ségrégation dans les autobus.
L’action s’étend à tout le pays : des groupes de Noirs viennent s’asseoir dans tous les lieux réservés aux Blancs, restaurants, magasins, banques, cinémas.
Ils sont souvent injuriés, matraqués, en butte aux chiens policiers et aux lances d’incendie.
Le pasteur King est menacé au téléphone de jour comme de nuit ; sa maison est dynamitée et son église incendiée.
À ses adversaires, il répond : « À votre force physique, nous opposerons la force de nos âmes.
Faites-nous tout ce que vous voudrez et nous vous aimerons encore… »
L’immense héritage que nous laisse le champion de l’égalité raciale a été scellé par son sang.
De la fenêtre de son hôtel, à Memphis, il fut blessé mortellement par balle. C’était le 4 avril 1968.
Le rêve venait de se briser. Une grande voix s’éteignait. Le monde se retrouvait orphelin.
Mais de partout, des hommes et des femmes se sont levés pour reprendre le flambeau de la lutte pour l’égalité entre les humains. Le rêve de la fraternité humaine ne peut pas mourir.
Demain est à faire.