MAHMOUD DARWICH

Poètes

Mahmoud Darwich
Par Mustapha Boutadjine
Paris 2008 – Graphisme-collage, 130 x 95 cm

Les martyrs sans sépulture

Par Amin Khan
Poète

Mahmoud Darwich, poète incarcéré quelque part aux confins de la terre insoumise.

Mahmoud Darwich, présent, ici, comme tous ces êtres, morts ou vifs, qui recèlent en eux pour toujours la source humaine de la lumière, celle qui irradie – souvent douce, souvent cruelle – ce qui devient la vie, et presqu’aussitôt, sa mémoire, la mémoire, pleine de sens, de saveurs, de la chaude lumière qui, sur nos rivages, rend la précarité de toute chose à peine ironique et déjà délicieuse, comme l’imperceptible écorce d’un fruit.

Mahmoud Darwich, grand poète, poète dont le verbe fait une entaille rouge, une entaille large et profonde dans la chair et dans la conscience du monde, poète à la voix de soleil contraint, voix de troubadour du XXe siècle, siècle des grands espoirs et des grandes catastrophes.

Mahmoud Darwich, poète palestinien, poète de la terre aride de Palestine, du sang ancien de la Palestine, du rêve élusif de la Palestine, chantre précis de la vie concrète, porteur de la douleur pudique, enracinée dans le terreau noir du sang des désirs des hommes et des femmes de tous les continents, dans le terreau des rêves inextinguibles des vaincus, le terreau entrelacé de la fibre des exils, le terreau de la mémoire des martyrs sans sépulture.

Mahmoud Darwich, enfant né en Palestine, qui a écrit « Celui qui n’a pas de patrie / N’a pas de sépulture » et qui donc s’en est allé mourir sur une parcelle de l’immense patrie fraternelle des Indiens d’Amérique.