MANITAS DE PLATA

Sous les pavés, le Gitan

©Mustapha Boutadjine

Manitas de Plata
Par Mustapha Boutadjine
Paris 2010 – Graphisme-collage, 130 x 95 cm

L’aura des mains d’argent

Par Véronique Labbé
Présidente de l’association « Amaro Drom »

Manitas de Plata (petites mains d’argent), de son vrai nom Ricardo Baliardo, est né le 7 août 1921 à Sète. Il décède le 5 novembre 2014 à Montpellier, entouré des siens. Sa rencontre avec le secrétaire général de l’ONU, M. U Thant, dans les années 1960, débouche sur la création d’une permanence du monde gitan.
Le jeune Manitas est vite reconnu comme « les petites mains d’argent du flamenco ».
Il animera, avec sa guitare, le pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer jusqu’en 2013, soit un an avant son décès.
De Gitan illettré, incapable de lire une note de musique, il aura, avec son cousin José Reyes (père de Nicolas, Canut, Paul, André et Patchaï : les Gipsy Kings) et son frère Hippolyte Baliardo, joué sur les plus grandes scènes du monde : États-Unis, Italie, Allemagne, Nouvelle-Zélande, Singapour, Angleterre, Algérie, etc.
Il rencontra les plus grands comme Dalí, Picasso, Brigitte Bardot, Jean Marais, Fernandel, son grand ami Georges Brassens, etc.
Picasso s’écria, après l’avoir entendu jouer aux arènes d’Arles : « Il vaut plus cher que moi ! »
Après plusieurs malaises cardiaques et une vie bien remplie toute dédiée à la musique, il nous quitte après un séjour à la maison de retraite Carriera à la Paillade, Montpellier, mais sa relève est assurée par son fils Fernando et son petit-fils Christophe dit Kema.
Aujourd’hui tous les musiciens gitans s’accordent à dire que si Manitas n’avait pas existé, les groupes gitans actuels n’auraient pas l’aura dont ils bénéficient ainsi que nos communautés.
Merci Manitas de Plata. R.I.P. Tío Manitas.