EMILIANO ZAPATA

America basta

Emiliano Zapata
Par Mustapha Boutadjine
Paris 2004 – Graphisme-collage, 170 x 90 cm

El Caudillo del Sur

Par Jorge Hernández
Poète et sculpteur

« De ti Emiliano Zapata
De ti se habrán de acordar »
Chanson populaire mexicaine

Ceci n’est pas une biographie d’Emiliano Zapata, d’ailleurs je ne suis pas historien. C’est un hommage au paysan, à l’Indien rebelle ; au révolutionnaire têtu qui réclame la terre pour celui qui la travaille, au leader paysan le plus important de la Révolution mexicaine, symbole de la résistance paysanne, à celui qui a parlé luttes sociales et demandes agraires. Au prix de sa vie, il exige le respect des communautés indiennes et, par extension, de la propriété communale des terres. Son cri de « Terre et Liberté » hante encore le Mexique.
Sur sa date de naissance les historiens divergent : certains proposent 1873, d’autres la situent aux alentours de 1877, un autre parle de 1879. Une chose est sûre : il est né sous la dictature de Porfirio Díaz, période durant laquelle les communautés indiennes se faisaient déposséder de leurs terres.
Il aimait les femmes, la terre, les chevaux, et détestait l’injustice.

En 1909, Zapata fut nommé « Calpulelque » – chef de la résistance indienne – de Anenecuilco, son lieu de naissance, de Villa de Ayala et d’autres communautés indiennes qui luttaient pour leurs droits, mais sa vraie irruption dans l’histoire se produit en 1910 avec la récupération des terres de Villa de Ayala.
Conducteur d’hommes et convoyeur de mules, il connaissait les chemins et la nature humaine. Homme d’une seule pièce, d’une seule parole, il impressionne toujours par sa droiture. Avec Zapata on ne rigole pas. Le dictateur Porfirio Díaz, Madero et Victoriano Huerta le savent et le redoutent.
À la tête d’un peuple en armes, « el ejercito libertador del Sur », et allié à Pancho Villa, ensemble ils mettent en pièce l’armée de la dictature, occupent la capitale et arrivent jusqu’au siège du pouvoir.

Après avoir essayé le fauteuil présidentiel, il se remet en selle et chevauche toujours dans le paysage mexicain. L’histoire raconte qu’il est mort victime d’une trahison le 10 avril 1919, mais tous les paysans et Indiens mexicains savent que ¡ Zapata Vive ! ¡Viva Zapata !